
Il y a désormais une porte sur la fabrique des pâtes. Il manque toujours l’électricité, car l’entreprise demande plus de 700$ pour raccorder la ligne, argent que nous n’avons qu’en très petite partie pour le moment. Il faudra donc repartir à la pêche aux financements pour finaliser le bâtiment.
Les femmes insistent aussi pour construire une chambre sur le toit de la fabrique, pour qu’il y ait toujours quelqu’un à dormir sur place par peur des vols. Est-ce bien justifié ? Peut être quand on sait qu’un gamin a été volé (et heureusement retrouvé quelques heures plus tard) dans cette communauté, il y a quelques mois.
Mais à tout problème une solution en Equateur : Pour l’électricité nous avons fait un prolongement de câble de quelques certaines de mètres depuis une installation existence. Avec un raccord, qui ne passerait aucun contrôle de sécurité européen, notre machine fonctionnait.
Quant au problème du vol, tout le matériel est stocké dans une maison du village et descendu à la brouette, pour être remonté après la production.
Apres de longues minutes d’attente, l’eau a été raccordée également. Tout était prêt pour la première des pâtes dans le bâtiment !!!
Les femmes étaient déjà venues se former à San Francisco, oú nous squattions le bâtiment de la confiture. Mais une piqûre de rappel sur l’hygiène est indispensable : Bien se laver les mains avant de commencer, les bottes sont exclusivement pour l’utilisation dans le bâtiment. Contraintes, elles abandonnent leur chapeau traditionnel, pour une charlotte, avec laquelle elles se trouvent ridicules mais ainsi est quand on devient professionnel de l’agro-alimentaire !
Apres quelques essais, elles savent désormais tarer la balance et lire le poids correspondant, mesurer la température sur un thermomètre et connaissent assez bien le procédé de fabrication.
Au fur et à mesure des heures, les curieux du village viennent voir la première. Les gamins restés sagement à regarder par la porte, commencent à entrer et à trouver un nouveau terrain de jeu, les époux sont curieux de connaître la nouvelle activité de leurs femmes.
Comment pourrait t on leur en vouloir, ce n’est pas tous les jours la première des pâtes à Bayschui.
J’insiste sur le fait qu’aujourd’hui est une exception, que par la suite seule les femmes, munies de leurs charlotte, blouse et bottes auront le droit de rentrer. Une femme semble désemparée. Elle n’a personne pour s’occuper de son enfant en bas age, cela signifie t elle qu’elle ne pourra pas travailler ?
La première production sort. C’est une grande satisfaction pour tous après des mois de travail… Pour les maçons (les maris des femmes), qui ont travaillé dur et surtout bénévolement pour construire le bâtiment ; pour les femmes, qui ont du apprendre beaucoup de nouvelles notions, et pour moi de voir qu’elles devraient s’en sortir pour produire seules, même si le soutien (prévu pour juillet-aout) est bienvenu pour le suivi.
Dans l’après-midi, mon premier paquet de pâtes sous le bras, je rencontre des équatoriennes qui nous soutiennent au niveau de la commercialisation. Nous proposons le produit à une chaîne de supermarché d’économie solidaire d’Equateur. L’accueil est positif, encourageant !
C’est un grand premier pas, mais il reste encore beaucoup à faire… Notamment de la sensibilisation auprès des populations locales : Notre produit à grande valeur nutritive, est cher par rapport aux pâtes, farine-eau. Les populations indigènes, les plus pauvres mais parallèlement, les plus mal nourries joueront t elles le jeu ?
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